Revue Auto-Reflex

auto reflex projet muse cnl 

Sous ce nom, venant d’un distributeur allemand, se cache un produit du plus ancien fabricant japonais, KONISHI HONTEN, établi en 1882, devenu ensuite KONICA : le KONICA AUTO-REFLEX, une preuve concrète que l’ancienneté ne s’oppose pas à l’innovation.

Sorti en 1965, c’est le premier reflex à obturateur focal et exposition automatique avec priorité aux vitesses. Et le premier appareil pouvant passer du 24 x 36 au 18 x 24 mm sur le même film. Le dernier aussi, avec son frère, l’AUTO-REFLEX P, sans posemètre, à proposer 2 formats, jusqu’à l’HASSELBLAD Xpan de 1998, en 24 x 36 et 24 x 65.

Pour éviter la perte de film, KONICA a conçu un procédé très simple : il faut armer avant de passer du 24 x 36 au 18 x 24, ce qui fait entrer 2 volets dans la fenêtre de prise de vue et  avancer le compteur de vues  d’1 incrément 1 fois sur 2. Pour l’opération inverse, on sélectionne d’abord 24 x 36 et on arme ensuite. 2 lignes verticales dans le viseur délimitent le champ du 18 x 24. Elles sont fixes, mais suffisamment fines pour ne pas être gênantes. 

Placé en façade, le sélecteur de vitesses (B – 1 – 1/1000 s.) abrite aussi celui des sensibilités, de 800/30 à 12/12 ASA/DIN et l’élément sensible du posemètre CDS.

Pour passer en mode « exposition automatique », il faut d’abord placer ses objectifs interchangeables, des HEXANON AR, sur leur repère EE. Après sélection  de la vitesse, l’ouverture déterminée par le posemètre se règle automatiquement sur l’objectif. Une aiguille la rappelle sur l’échelle des diaphragmes dans le viseur, très lumineux grâce à une fenêtre translucide sur le côté gauche du prisme. Une intéressante caractéristique souvent oubliée, au profit bien sûr du bi-format, qui marque mieux les esprits. 

Solidement construit, le KONICA AUTO-REFLEX avait un coût de production très élevé en raison de ses perfectionnements inédits. Conçu pour gagner plus d’acheteurs grâce au bi-format, cette innovation aura l’effet contraire. KONICA n’avait pas mesuré l’impact du travail en laboratoire. Pour éviter des mauvaises surprises avec des pellicules exposées dans les 2 formats, il fallait  les faire développer avant de commander les tirages. Autant de pertes de temps et d’éventuels surcoûts qui pouvaient dissuader les amateurs sans chambre noire.

Rien d’étonnant donc à ce que le KONICA AUTIO-REFLEX fut discontinué en 1968 pour laisser la place à l’AUTOREFLEX T, en format 24 x 36 seulement, mais dont le système d’exposition automatique avec priorité à la vitesse était amélioré, sa mesure étant désormais TTL

Jean-Pierre Vergine