Linhof 220 

linhof 220

 

Introduit en 1966, le LINHOF 220 a l’air d’un nain face aux Kardan, Technika ou autres Aero-Technika. Manifestement, la société munichoise cherche à séduire les photographes à la recherche d’un compact 56x72mm télémétrique à objectif fixe avec posemètre couplé.

Passons-le en revue. De face, sous la griffe porte-flash, le viseur télémétrique surplombe le nid d’abeille du posemètre au sélénium. Son Technikar 1 :3,5 f = 95 mm, fourni par Rodenstock, est monté sur un Synchro-Compur B 1 à 1/500ème de s. La bague de mise au point est graduée de l’infini à 1 mètre et 3,5 pieds, avec une table de profondeur de champ sous le posemètre. La poignée abrite le déclencheur, doté d’un poussoir de blocage, la prise du déclencheur souple et le filetage de pied. Elle peut pivoter de 90 ° pour plus de confort en cadrage horizontal. Le côté gauche accueille une attache de courroie,  le levier d’armement de l’obturateur et d’avancement du film, la  fenêtre du compteur de vues et le témoin d’armement (vert = armé – rouge = non). Du côté droit, nous trouvons l’autre attache,  le correctif du télémètre, la prise synchro flash, un second filetage de pied, les sélecteurs des sensibilités ASA de 12 à 1600 et DIN de  12 à 33, des modes flash X et M et du retardateur V.

Orné du blason LINHOF, le dos surprend une fois ouvert. Malgré son nom, l’appareil accepte aussi le film 120, en déplaçant  son presse-film sur la position correspondante, avec rappel automatique dans une petite fenêtre extérieure. Pour les distraits, LINHOF a ajouté une pince à l’arrière de la poignée pour insérer le rabat de l’emballage du film.

Le confortable viseur télémétrique, conçu pour les cadrages verticaux, comporte 2 cadres, l’un pour l’infini et l’autre pour les vues rapprochées jusqu’à 1 mètre. A sa base se trouve la fenêtre de lecture du posemètre, fonctionnant sur le principe de la coïncidence. Le tout forme

En définitive, un appareil robuste et encore parfaitement opérationnel, hélas sans correction automatique de la parallaxe, sans doute trop compliquée à y intégrer en raison de son ergonomie générale.

En 10 années de production environ, quelques 2.200 LINHOF 220  quitteront l’usine munichoise, en connaissant quelques modifications mineures, la plus visible étant le remplacement de sa finition beige clair en une noire pour les 500 dernières unités.

J-P. Vergine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin le Favor auto à levier : En effet, fin 1958 apparaît sur le marché le dernier Favor-auto; l'appareil est maintenant tout à fait moderne: il est doté d'un levier d'avancement rapide conjuguant l'armement de l'obturateur et l'avance du film. Le couplage vitesse-diaphragme a été ajouté suivant la nouvelle mode des indices de lumination. Le compteur de vues n'est plus à droite du viseur, à coté du bouton de réembobinage, mais au centre du bouton-levier.
En 1959, le catalogue de la maison Grenier de Paris mentionne enfin le Favor-auto équipé du célèbre Compur-Rapid; l'objectif, de correction encore améliorée, est le Color-Docar 1:2,8 de f/45mm - Tous les objectifs de Favor sont des anastigmats à trois lentilles traitées.
Enfin, résultante logique d'une conception très saine et d'une réalisation mécanique et optique irréprochable, pour un appareil de ce prix, les performances du Favor ont été techniquement et commercialement à la hauteur des espérances de ses créateurs.
C'est un charmant petit 24x36. Je suis persuadé que tous les collectionneurs auront plaisir à trouver ce toujours jeune quadragénaire. C'est ce que je leur souhaite bien sincèrement.